
Pour lui, il était impossible de rester sobre sans prendre des mesures positives et sans nouer une véritable connexion avec les autres.
Je suis arrivé dans ce programme en quête d’une « sobriété négative ». J’entendais par là que je voulais éliminer les passages à l’acte de ma vie. Comme pour tout le reste jusqu’alors, je pensais pouvoir y arriver tout seul. Si je lisais quelques ouvrages, méditais un peu sur tout ce que j’avais fait et cherchais l’absolution pour ces actes, hop, je serais guéri. C’était bien sûr mon ego qui me disait que je pouvais résoudre tous mes problèmes. Bien sûr, c’est cet état d’esprit qui m’a submergé, qui m’a poussé vers la pornographie et le fantasme, loin du monde réel où vivaient les personnes que j’aimais et qui m’étaient chères.
Mais ma sobriété actuelle exige davantage de moi. J’ai besoin de liens avec les autres, et en particulier avec ceux qui comprennent notre problème commun. Ce n’est pas un programme solitaire, même si j’aimerais tant qu’il le soit. La sobriété positive, c’est sortir de moi-même par des actes d’amour envers les autres et éviter les mondes imaginaires les plus intimes que je me suis créés. C’est impliquer les autres dans mon rétablissement, tout en assumant la responsabilité de mon propre rétablissement. L’expression « sobriété positive », prononcée à haute voix lors de la plupart de nos réunions, me rappelle que je dois prendre des mesures positives pour éliminer les actions négatives qui m’ont conduit ici. Et je ne peux pas y arriver seul. J’ai besoin de parler aux autres, de parcourir ce chemin avec eux. Je ne peux rester sobre que grâce à mes liens avec les autres. Si j’essaie d’y parvenir par ma seule volonté, je suis déjà perdu.
Kip H., Washington, Etats-Unis



